Ne foutait rien du tout de la sainte journée.
Un gentil galopin, un tout petit Lapin,
Folâtrait sous les troncs, ivre de romarin...
Apercevant l'oiseau les pattes en éventail,
Se curant bien le bec en unique travail,
Et croupion au grand air, et plume alanguie,
L'interpelle d'en bas, ces quelques mots lui dit :
”Comme toi, moi aussi je voudrais bien m'asseoir,
Et rester à glander, du matin jusqu'au soir !”
Le Corbeau lui répond, toujours depuis sa branche :
”Mais bien sûr, tu le peux, ami à la queue blanche,
Je ne vois rien qui puisse, en tout cas, vu d'en haut,
T'empêcher, tout le jour de goûter au repos.”
Notre petit Lapin pose donc son séant sur la terre
Et dessous le grand arbre, s'attache à ne rien faire...
Tant et si bien qu'arrive un renard affamé,
Apercevant de suite l'innocent somnoler,
S'approche doucement du rongeur endormi
D'une seule bouchée, sa pitance engloutit !
à ne jamais rien branler ?